vendredi 11 avril 2014

L'opinion 2.0

Le sondage d'opinion par Internet est-il valide? 

http://openclipart.org
Des biais (ou préjugés) sont introduits dans l'échantillonnage lors d'un sondage par Internet.

Pour qu'une enquête soit de qualité, il faut que la base de sondage comprenne tous les éléments de la population étudiée. Or, lors d'une enquête par Internet, on élimine au départ les éléments de la population n'utilisant pas Internet. Les répondants d’un sondage par Internet ont un certain profil. Par exemple, ils ont probablement une opinion positive face aux technologies de l’information et des communications. Ils ont peut-être aussi certaines habitudes de vie différentes que ceux qui n’utilisent pas l’Internet.

De plus, l'échantillonnage doit représenter de manière adéquate la population. C'est ce qu'on appelle le seuil de confiance. Cela signifie que si on répétait le sondage plusieurs fois, avec une sélection d'un échantillon différent, mais toujours représentatif de la population, on obtiendrait un résultat très semblable. Par exemple, l'échantillon de l'enquête est considéré fidèle si on obtient le même résultat 19 fois en répétant l'enquête 20 fois. Le seuil de confiance est de 95%. Pour un seuil de confiance plus élevé, l'échantillon doit être plus grand. Peu importe le seuil de confiance souhaité, il faut sélectionner l'échantillon de manière aléatoire pour qu'il soit représentatif de la population. Lors d'un sondage Internet, l'échantillonnage n'est généralement pas fait de manière aléatoire puisque ce sont les répondants eux-mêmes qui font le choix de participer ou non à l'échantillon. L'échantillon ne peut donc pas représenter la population étudiée puisque de toute évidence, le répondant a un intérêt particulier envers le sujet étudié. On appelle cette méthode l'échantillon de volontaires.

Pourquoi utiliser l’Internet pour une enquête d’opinion?

L’objectif du sondage est fondamental. Si on cherche simplement à générer des opinions aux fins de discussion, cette méthode peut être utile puisqu’elle est peu coûteuse, rapide et permet potentiellement de générer un très grand nombre de réponses. Mais si on veut arriver à des conclusions sur l’opinion réelle d’une certaine population, cette méthode n’est pas la bonne.

Ce n’est pas le fait de recueillir des données par Internet qui est le problème, mais c’est la méthode d’échantillonnage sur laquelle il faut porter attention.

référence :
Durand, Claire, Méthodes de sondage - SOL3017 - Université de Montréal


mercredi 9 avril 2014

Faire plus avec moins

Je sors un moment du thème technologique de ce blogue pour opiniâtrer sur cette expression qui m'incommode de plus en plus, comme une de ces expressions sur utilisées qui deviennent insupportables : «faire plus avec moins».

Peut-on réellement faire plus avec moins? C’est une question économique, une question de productivité. Mais est-ce possible?

Pour contempler de faire plus avec moins, on présuppose qu’il y a de l’amélioration à faire au niveau de la productivité. Cela signifie que l’évaluation de l’organisation porte à l’une ou plusieurs des conclusions suivantes :
  • Les travailleurs peuvent augmenter la production sans augmenter le nombre d’heures travaillées ou les ressources à leur disposition.
En d’autres mots, on évalue que les travailleurs ne fournissent pas leur plein effort. Pourtant, la plupart des discours qui se terminent par «il faut faire plus avec moins» débutent par «j’aimerais d’abord féliciter tous les travailleurs pour leur remarquable contribution envers le succès de l’organisation! Malheureusement, …».

Si on croit vraiment que les travailleurs contribuent déjà de manière remarquable, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils contribuent d’avantage avec moins de ressources. Si on exige tout de même de leur part une augmentation de la productivité, cette augmentation ne saurait être permanente. On se butera à de la fatigue professionnelle qui risquent d’effacer les gains en productivité (absentéisme, maladie, erreurs, manque de concentration, …)

  • Les processus ne sont pas optimums. Il y a des façons de faire qui sont anti-productives. Certaines tâches sont carrément inutiles et devraient être éliminées.
Dans ce cas, on ne fait pas plus, mais autant ou moins, en le faisant mieux.

  • Certaines technologies sont désuètes.
Remplacer les technologies peut effectivement augmenter la productivité à long terme, mais cela nécessite un investissement de départ. Derrière la doctrine de faire plus avec moins, on cherche généralement à réduire les coûts d’exploitation à court terme.
Il y a probablement d’autres conclusions possibles menant à la volonté de faire plus avec moins. Dans tous les cas, il s’agit d’une critique de l’organisation telle qu’elle existe. Il faudrait se poser les questions suivantes :

Quelle est la véritable motivation de la doctrine faire plus avec moins? En réalité, ne veut-on pas simplement faire moins avec moins? Comment la productivité en est-elle arrivée à être problématique? Quelles décisions passées ont créé ce problème?

jeudi 20 mars 2014

cyberintimidation - Forum le 9 mai 2014

Le 9 mai 2014, à Winnipeg, se tiendra un forum portant sur le thème de la prévention et la réponse à la cyberintimidation (présenté par Écoles sûres et accueillantes). En préparation, voici une infographie de l'organisme Habilo Médias présentant les résultats de la troisième phase de l'étude Jeunes Canadiens dans un monde branché. La phase III porte sur la cyberintimidation : Agir sur la méchanceté, la cruauté et les menaces en ligne.


La cyberintimidation : Agir sur la méchanceté, la cruauté et les menaces en ligne

Tiré de http://habilomedias.ca/jcmb

mardi 18 mars 2014

QR pour une petite activité simple

On peut utiliser les codes QR pour une petite activité simple, une sorte de réalité augmentée à la portée de tous.

Vocabulaire de la salle de classe dans l'apprentissage d'une langue
Demandez à vos élèves de créer des codes QR qui pourront être imprimés et collés aux différents objets qui se trouvent dans la salle de classe. Il suffit ensuite de lier les codes à un site Internet avec le mot en question... vers une page Wikipedia par exemple ou mieux encore, vers Shtooka (La version en ligne de Forvo ne fonctionne pas sur iPhone ou iPad) qui prononcera le mot dans la langue choisie.

Outil de référence
On peut utiliser cette technique toute simple dans plusieurs sujets de cours. On pourrait, par exemple, étiqueter les appareils de laboratoire en sciences, les appareils ménagers dans une classe d'économie familiale ou les instruments de la classe de musique. On pourrait demander aux élèves de créer une page Web, un blogue, une vidéo YouTube, etc. donnant le nom de l'objet, de l'appareil ou de l'instrument, ainsi que ses applications. Par exemple, en sciences, on pourrait étiqueter une balance par son code QR et montrer comment l'utiliser dans une vidéo YouTube. En éducation familial, on pourrait étiqueter un fourneau et lié à un blogue expliquant comment l'utiliser avec quelques recettes.

On peut trouver de nombreux générateurs de codes QR gratuits en ligne. En voici un exemple : http://generator.code-qr.net/

vendredi 28 février 2014

Ce qui a changé en éducation dans les 50 dernières années : repenser les programmes d'études

Avec des collègues d'origines diverses, nous discutions de notre propre expérience comme élève (il y a 30 ans pour certains, 50 ans pour d'autres) en faisant ressortir ce que nous percevons comme différent aujourd'hui. Entre autres changements, plusieurs sont liés au développement des TIC.

  1. Collectivisme vers individualisme. Un collègue a cité Margaret Thatcher : « There is no such thing as society. There is living tapestry of men and women and people » - Il n'y a pas de société, il n'y a que des individus. L'émergence d'appareils personnels est-elle responsable de cet individualisme ou est-ce que l'individualisme a poussé le développement de ces appareils. Le fait est que l'enseignement est de plus en plus centré sur l'individu et moins sur la classe. Les modèles 1:1 d'intégration des technologies se multiplient dans les écoles pour répondre en partie au besoin d'individualisation de l'apprentissage.
  2. Accélération de la colonisation linguistique de l'anglais. Depuis la Deuxième Guerre Mondiale, l'anglais s'est imposé de plus en plus dans l'économie mondiale, poussé par la puissance américaine. Le développement technologique est avant tout une question d'idées. Comme les idées ne connaissent pas de frontières, elles ont suivi les capitaux qui se trouvent en grande partie aux États-Unis. Ainsi, le développement des technologies s'est fait dans la langue anglaise. L'anglais est donc rapidement devenu la langue commune des développeurs et, par conséquent, des consommateurs des TIC. L'anglais, poussé par les capitaux américains dans tous les domaines économiques (sciences, politique, technologie, etc.) a connu une croissance exacerbée par les TIC.
  3. Incertitude économique, politique. Lorsque nous étions élèves, les choses étaient plutôt stables. Nous avions une idée assez claire de ce que le futur nous réservait (peut-être étions-nous dans l'erreur, mais nous étions confiants). Aujourd'hui, les médias offrent un portrait beaucoup moins clair du future, en partie grâce aux médias sociaux et aux technologies de communication omniprésentes. L'information et la désinformation nous parvient de manière constante. Les points de vues divergents sont constamment représentés. C'est un progrès, une démocratisation de l'information. Mais en même temps, cette infobésité reflète un monde d'incertitude économique et politique qui ajoute du stress aux élèves. De plus, le monde change à un rythme si rapide et allant en s'accélérant que les élèves sont incapables de viser une carrière qui, bien souvent, n'existe pas encore. L'école arrive mal a préparer ses élèves pour l'inconnu de demain.
Il y a bien d'autres changements profonds qui ont eu lieu dans les 50 dernières années dans notre société et dans l'école. Il semble que les changements à l'école ne suivent pas les changements de société aussi rapidement. « Par chance » diront certains!

mardi 18 février 2014

Outils pour inverser sa classe

Formation du 21 février 2014

1. Définition de classe inversée
Classe inversée
La classe inversée est essentiellement une stratégie ayant pour objectif de libérer du temps de classe afin de mieux travailler en interaction avec les élèves. Dans une classe traditionnelle, le temps de classe est divisé en instruction et en pratique. En éliminant le temps consacré à l'instruction, on offre à l'élève plus de temps pour la pratique, pour travailler en collaboration avec d'autres élèves, pour demander des explications à l'enseignant, etc.

Pour pouvoir libérer du temps de pratique, l'instruction est offerte à l'extérieur de l'horaire de la classe, souvent sous forme de vidéos. Les élèves doivent visionner les vidéos produites ou suggérées par l'enseignant avant la classe.

L'avantage de la classe inversée n'est pas uniquement de permettre à l'enseignant de passer plus de temps de classe avec les élèves en situation de pratique, mais aussi, le temps d'instruction peut être considérablement raccourci du fait que l'enseignant peut préparer une leçon vidéo plus efficace, sans interruption, précise, accompagnée de support visuel.

Un autre avantage est le fait que l'élève peut visionner l'instruction à son rythme. Il peut l'arrêter, revoir des sections, passer des sections. Encore une fois, comme l'élève ne se trouve pas dans l'environnement de la classe, parfois distrayante, il pourra se concentrer sur l'instruction, de manière plus efficace et sans interruption.

La classe inversée a aussi des opposants. Ceux-ci oppose qu'une leçon magistrale, en personne ou en vidéo, reste une leçon magistrale et n'est pas plus engageante. L'enseignant ne peut pas non plus ajuster sa leçon selon les questions ou le langage corporel des élèves. On ajoute aussi la question suivante : que fait-on des élèves qui n'ont pas visionner la vidéo? Il faut aussi considérer les élèves qui n'ont pas d'accès à l'Internet (les vidéos sont souvent offertes en ligne) à la maison. Est-ce une stratégie équitable?
(article suggéré : The Flip: End of a Love Affair - octobre 2012)

Enseignement inversé
La classe inversée peut être un agent de transformation pédagogique. À la base, le rôle de l'enseignant et celui de l'élève n'est pas différent que dans une classe traditionnelle : l'enseignant enseigne et l'élève apprend. Toutefois, on peut se servir d'une stratégie de classe inversée pour inverser également l'enseignement.

Dans un enseignement inversé, l'élève est un apprenant actif. Cela signifie qu'il participe activement à l'élaboration de son propre plan d'apprentissage. Concrètement, il contribue à répondre aux trois questions suivantes :
  • Qu'est-ce que j'apprends?
  • Comment est-ce que j'apprends?
  • Comment je démontre que j'ai appris?
La leçon inversée peut donc servir à l'amorce à l'apprentissage plutôt qu'à l'instruction directe. Au lieu de fournir une série d'instructions à l'élève, l'enseignant décrit plutôt une situation contextuelle problématique auquel l'élève doit trouver une solution. L'engagement des élèves sera plus fort si le contexte choisi les touche. L'enseignant devra décider alors du degré d'instruction qu'il offrira à l'élève pour résoudre le problème.
  • À quel point le problème doit être défini, ouvert?
  • Quelles informations seront offertes à l’élève?
  • Quelles informations seront omises et devront être découvertes par l'élève?
Cette façon de faire se rapproche à une pédagogie par le jeu ou par l'exploration. Le rôle de l'enseignant est différent. Il devient un accompagnateur. Il assiste l'élève à évaluer son progrès selon ses objectifs et il le guide dans sa recherche des savoirs et compétences.


2. Stratégie double : hors classe et en classe
Il ne suffit pas de planifier et de produire des vidéos instructives pour le visionnement par les élèves. Il faut également planifier les activités de classes qui suivront le visionnement. Les premières questions qui se posent alors sont celles-ci :
  • Que fait-on des élèves qui n'ont pas visionné l'instruction?
  • Que fait-on des élèves qui ont visionné mais n'ont pas compris?
  • Y a-t-il des élèves qui n'ont pas accès aux vidéos?
L'objectif étant de libérer du temps de classe pour la pratique, il serait incohérent d'utiliser du temps de classe pour visionner l'instruction ou enseigner de nouveau, de manière traditionnelle. On pourrait tout de même choisir de procéder à une instruction traditionnelle. Peut-être que ce choix est bien avisé de temps en temps, mais si après chaque classe inversée l'enseignant reprend la leçon en classe, les élèves trouveront peu de valeur ajoutée à utiliser du temps hors classe pour visionner les vidéos.

Session de partage
Une méthode plus constructive et plus alignée avec une pédagogie active serait de débuter le temps de classe avec une session de partage en petits groupes. Pendant que l'enseignant circule dans la classe et observe les conversations, la tâche de 10 à 15 minutes pourrait être la suivante :
  • Chaque membre du groupe doit expliquer ce qu'il a visionné dans ses mots.
  • Le groupe doit s'assurer que chaque personne ait compris l'instruction. Surtout les personnes qui n'auraient pas visionné l'instruction.
  • Si des parties demeurent incomprises par le groupe, on peut trouver des explications auprès de l'enseignant, d'un membre d'un autre groupe, d'une recherche dans un manuel scolaire ou sur Internet.
Des appareils équipés d'écouteurs devraient être mis à la disposition des groupes pour revoir l'instruction au besoin ou pour faire de la recherche supplémentaire sur le sujet. Certains élèves auront besoin de plus de temps, de plus d'explications. L'enseignant est disponible et pourrait choisir, selon l'évaluation des besoins qu'il peut rapidement faire, de constituer un petit groupe d'élèves auquel il donne une instruction plus précise qui peut se poursuivre au-delà de cette période de partage pendant le temps de pratique.

C'est l'occasion pour l'enseignant de recueillir des renseignements précieux sur les styles d'apprentissage, les lacunes, les connaissances antérieurs et tout autres renseignements des élèves qui seront utiles à la planification des activités d'apprentissage et d'évaluation.

Pratique
La majorité de la classe peut ensuite être utilisée pour une pratique plus ou moins guidée. On pourrait, par exemple, fournir aux élèves des feuilles d'exercices (pratique guidée) sur le sujet ou demander aux groupes constitués précédemment de trouver une solution à une situation problématique (pratique non guidée). à la fin de la session de pratique l'enseignant peut animer une discussion de groupe sur
  • Les notions qui ont été acquises ou qui sont en acquisition;
  • Les compétences qui ont été acquises ou qui sont en acquisition;
  • Les notions et compétences manquantes et nécessaires qui devront être acquises;
  • Les stratégies utilisées par les élèves et les groupes d'élèves pour résoudre le problème;
  • Les stratégies utilisées par les élèves de démontrer leur apprentissage;
  • Le processus d'apprentissage par leçon inversée.

3. Production de leçon vidéo
Pourquoi des leçons vidéos?
La production et la diffusion vidéo sont facilitées par les TIC. Le visionnement d’une vidéo est probablement l’expérience qui se rapproche le plus d’une leçon par l’enseignant. L’enseignant peut utiliser pleinement les capacités multimédias des appareils numériques pour présenter du texte, des images, des schémas ou même d’autres vidéos en ajoutant sa propre narration, ainsi que des annotations.


Outils de production

Vidéo «directe»
La première idée qui vient à l'esprit pour la production vidéo d'une leçon est simplement de filmer l'enseignant qui donne sa leçon. En fait, certaines personnes croient qu'il s'agisse de la meilleure stratégie pour une classe inversée car, selon elles, la présence d'une personne physique à l'écran serait plus engageante qu'une simple voix narrative.

Vous pouvez filmer votre leçon à partir d'une caméra, d'une caméra de document ou d'un appareil mobile (téléphone, tablette) qui a l'avantage de produire un fichier vidéo directement utilisable et transférable vers un service de diffusion. Si vous choisissez ce mode de production, assurez-vous d'une bonne qualité audio, surtout si vous vous tenez loin de l'appareil et de son microphone intégré.

Capture d'écran
Les capteurs d’écran permettent de capter l’écran de l’ordinateur, en tout ou en partie, ainsi que tout ce qui s’y déroule en plus d’une entrée audio, du microphone par exemple. L’enregistreur produit un fichier de format vidéo qui peut être diffusé directement ou, dans certains cas, transformés par le montage.
Voici quelques suggestions d’outils de capture d’écran vidéo :
  • Tableau blanc interactif : Les TBI offrent une fonction d'enregistrement qui permet de capter en vidéo et en audio l'activité de l'écran.
  • Screencast-o-matic est un outil en ligne qui vous permet de capturer l’écran en vidéo et de produire un fichier vidéo ou de diffuser la capture directement sur YouTube.
  • Jing de Techsmith est un gratuiciel produisant une vidéo qui peut être diffusée grâce au service screencast.com, (version gratuite aussi disponible). La vidéo est dans un format spécifique à Techsmith et ne peut pas être lue par d’autres lecteurs vidéos – donc, pas de montage possible. Techsmith offre Camstasia, un logiciel de montage qui peut lire ces vidéos et les transformer en d’autres formats. Ce logiciel n’est pas gratuit.
  • Screenr vous permet une capture d’écran vidéo de 5 minutes au maximum.
  • Educreations : Tableau blanc interactif d’une grande simplicité (et donc assez limité) pour créer et diffuser des leçons vidéos. Educreations offre aussi une communauté de partage de leçons. Il est toutefois impossible (en date d’aujourd’hui du moins) d’y trouver des vidéos en français. Le service ne permet pas d’obtenir un fichier vidéo et le montage n’est donc pas possible. La version pour tablette numérique est plus conviviale que celle en ligne.
  • Expliquez tout : Appli de type TBI, pour tablette numérique (iPad et Android), bien conçue et complète.
Dans tous les cas, portez un soin particulier à la capture audio. Effectuez quelques tests. Réduisez les bruits de fond.

Logiciel de montage
Il n’est pas nécessaire de faire du montage vidéo pour inverser sa classe. On peut très bien enregistrer une vidéo en un seul coup et le diffuser. Le montage offre toutefois des possibilités supplémentaires de clarification du message. Il peut aussi augmenter l’attrait du message pour l’auditeur. Il permet également de faire ressortir une partie du message qu’on juge particulièrement importante.

Les logiciels de montage permettent de découper les scènes pour les réorganiser, pour éliminer des parties superflues (des temps morts par exemple), pour insérer de nouvelles vidéos ou images fixes. La plupart des ordinateurs possèdent un logiciel de montage qui est souvent bien suffisant pour les besoins d’une classe inversée. Tous les logiciels offrent ces fonctions, mais il est conseiller de choisir un logiciel de montage qui offre aussi les fonctions essentielles suivantes :

  • Ajout de texte : Peut-être la raison principale pour décider de faire du montage vidéo, ajouter du texte, des sous-titres par exemple.
  • Ajout d’une bande sonore : Pour de la narration ou une bande musicale.
  • Séparation du vidéo et de l’audio : Pour remplacer la narration, par exemple, dans un cas où l’audio est de mauvaise qualité. L’audio est peut-être l’aspect le plus important de la leçon inversée. Peut aussi servir à changer le vidéo sur une piste audio.
  • Plusieurs pistes vidéos : peut-être moins essentiel, mais pratique. Pouvoir ajouter de la vidéo par-dessus une autre permet de présenter une image en icône par exemple, à la manière d’un bulletin de nouvelles.
  • Changer l’aspect de l’image : On pourrait vouloir agrandir une section de la vidéo, ou rogner la vidéo pour cacher ou accentuer une section. Cette fonction n’est pas essentielle non plus, mais très pratique.
Format des vidéos
Supposons que plusieurs enseignants décident d’adopter une stratégie de classe inversée et demandent donc aux élèves de visionner des leçons en ligne à l’extérieur des heures de classe. Supposons aussi que chaque enseignant enregistre une leçon de 15 minutes. L’élève qui doit voir ces leçons pourraient avoir un horaire de 30 minutes, 45 minutes ou une heure de vidéo en soirée, selon le nombre de classes inversées. Il est possible aussi que la bande passante soit lente ou que l’élève doit revoir certaines parties pour comprendre. Dans une telle situation, l’élève devra faire preuve d’une extrême patience et d’un niveau de concentration exceptionnel.

Pour cette raison, voici quelques conseils pour produire une vidéo avec succès :
  • Courte durée (5 à 7 minutes maximum) : l’efficacité d’une capsule vidéo sera meilleure si le contenu est précis et concis.
  • Bien organisée : Évitez de faire des erreurs et de devoir vous corriger. Ayez un plan de présentation clair, simple à comprendre. Soyez prêts! Connaissez bien votre plan de présentation pour éviter les moments d’égarement et d’incertitude.
  • Sujets limités : Il est préférable de donner moins d’informations et de faire plusieurs vidéos que de donner un trop grand nombre d’informations et que le tout ne devienne confus ou trop chargé.
  • Conversation naturelle : Essayez d’avoir un débit naturel qui donne l’impression que vous êtes en conversation avec l’auditeur. Ne parlez pas trop vite, ni trop lentement. Ayez de l’expression dans la voix. Évitez de lire un texte, ayez les idées principales et discutez de celles-ci. 
  • Assurance : Donnez l’impression que vous avez de l’assurance dans vos propos. Parlez avec l’autorité d’un expert qui donne confiance.
  • Lien audio visuel : Le lien avec la narration, les sons, la musique et la vidéo devrait être clair. Si vous le pouvez, ajoutez des schémas, des animations, des images, des photographies et des annotations visuelles pour bien illustrer la bande sonore.
Droits d’auteur (au Canada)
Si vous choisissez d’intégrer du matériel (son, image, vidéo) puisé d’une source externe, assurez-vous d’avoir le droit de diffuser ce matériel de manière à ne pas contrevenir à la Loi sur les droits d’auteur. Dans certains cas, vous avez le droit d’utiliser le matériel pour des fins pédagogiques, à la condition d’attribuer l’œuvre à son auteur.

Si la diffusion de vos leçons est privée, c’est-à-dire que le public autre que vos élèves n’a pas accès à vos leçons, la loi vous permet d’utiliser les œuvres protégés par les droits d’auteurs sous certaines réserves :

  • Vous devez, en toute circonstance, citer la source des documents tirés d’Internet. 
  • Les documents doivent avoir été obtenus librement, c’est-à-dire qu’ils sont accessibles au public sans mot de passe ou autre technique de protection. 
  • Vous ne pouvez pas non plus conserver les documents plus de 30 jours après l’évaluation des élèves.
Pour plus d'information sur la Loi des droits d'auteur.


Outils de diffusion
Maintenant que vous avez produit une vidéo, comment est-ce que les élèves pourront la visionner? Il y a plusieurs services de diffusion en ligne. On peut généralement changer les paramètres de vie privée de ces services afin de déterminer qui a accès aux vidéos.

Services de diffusion vidéo
Les services de diffusion de vidéos comme YouTube et Vimeo sont gratuits. On peut y déposer des vidéos avec les paramètres d’accessibilité voulus. YouTube offre aussi un service de sous-titrage pour malentendants. Les élèves auront besoin de connaître l’adresse URL des vidéos ou de votre chaîne pour accéder aux vidéos.

Blogue
Pour bien organiser la diffusion et le visionnement des vidéos, on peut les intégrer dans un blogue de classe. Certaines écoles et divisions scolaires offrent de l’espace à même leur serveur aux enseignants qui veulent créer un blogue de classe. Ces blogues peuvent être d’accès public ou privé. Il existe aussi de nombreux services de blogues gratuits en ligne.

Les blogues permettent généralement d’intégrer directement des vidéos à partir de services comme YouTube, Vimeo ou Educreations à partir d’un code d’intégration. Comme ils sont organisés de la date la plus récente à la plus ancienne, les blogues permettent facilement à l’élève de trouver la leçon du cours la plus récente.

Système de gestion de l’apprentissage (LMS)
Des services en ligne 2.0 comme Edmodo, Schoology ou le système de gestion de l’apprentissage Blackboard sont d’excellents endroits pour offrir des leçons inversées. Ces environnement de classe virtuelle ont un accès privé réservé aux membres de la classe et permettent aux élèves de commenter et de discuter au sujet de la leçon. Ils permettent aussi l’intégration de vidéos à partir de code d’intégration.

Tous ces services comportent un espace permettant aux élèves de faire des commentaires sur les vidéos.

4. Exemples de leçons vidéos

Exemple 1 : Sciences 6e années - Le poids et la masse

Leçon sur Educreations


Exemple 2 : Français 10e année - Le texte explicatif



Exemple 3 : Sciences 6e année et 9e année : Mission sur Mars




Critique des vidéos

Autres exemples

Mathématiques
Le théorème de Pythagore
Première version 9min 08
Deuxième version 16 min 56
Troisième version 8 min 29

Sciences, technologie
situation problème avec mise en scène - diodes 6 min 41

Sciences humaines
Les peuples amérindiens avant le 16e siècle - 2 min 30
Arrivée des loyalistes 3 min 26


mardi 21 janvier 2014

Compétences transdisciplinaires et réussite collatérale

Une enseignante d’expérience décrivait à ses collègues un projet d’Histoire qu’elle avait entrepris avec ses élèves d’une classe de niveau intermédiaire. Elle avait exigé de ses élèves d’utiliser certains outils technologiques pour trouver, traiter et communiquer de l’information sur la vie d’un personnage historique. Elle présentait maintenant à la communauté d’apprenant professionnel les résultats de projets de quelques élèves « faibles », « moyens » et « forts ». Son analyse de la situation n’était pas reluisante. Les élèves n’avaient pas bien compris les directives, des informations manquaient ou étaient mal rapportées, les élèves s’étaient attardés plus à développer le support de leur communication plutôt que la communication elle-même. C’était la première fois que les élèves utilisaient ces outils et malgré l’effort qu’ils avaient mis sur la « décoration » du support, il y avait clairement beaucoup de travail à mettre aussi à ce niveau. Bref, contenu et contenant étaient, selon l’enseignante, insatisfaisants.

Ce qui était pourtant frappant était le détail dans les discussions qu’elle avait eu avec ses élèves au sujet des concepts de recherche, traitement, communication de l’information, de résolution de problèmes à cause de l’apprentissage d’un nouvel outil. Le degré de compétence et de réflexion critique qui était exigé pour réaliser le projet était élevé. Les objectifs pédagogiques de l’enseignante n’avaient pas été atteints et devraient faire l’objet d’une réécriture de la part des élèves, mais le travail n’avait pas été une perte de temps.

À la fin de sa présentation, on a souligné que le projet avait été somme toute un succès. Les élèves s’étaient questionnés, avaient recherché des solutions, avaient collaboré, avaient réfléchi sur le contenu et surtout sur la meilleure manière de le communiquer, avaient reçu la critique de l’enseignante et des pairs… Ils avaient amorcé le processus d’acquisition d’une importante gamme de compétences transdisciplinaires. Il suffisait à l’enseignante, quelque peu surprise de ce succès inattendu, de cultiver de manière explicite ces compétences.

L’échec est souvent la première étape de l’apprentissage. Il offre un énorme potentiel éducatif, ce que les anglophones appellent des « moments enseignables ». Les éducateurs ont trop souvent le réflexe d’attendre la réussite au premier essai. Dans une classe ou l’échec est permis, même valorisé, le stress de réussir du premier coup est grandement diminué et les probabilités d’apprentissage durable s’accroissent d’autant plus.

L’utilisation des TIC est avantageuse par l’économie de moyens et de temps qui permet une révision plus efficace. Cette amélioration se fait par le truchement d’acquisition de compétences transdisciplinaires contemporaines, une réussite collatérale.