vendredi 20 juin 2014

Widgets météo

J'étais à la recherche d'une carte radar à intégrer à un blogue pour prévoir les précipitations, ce qui pourrait être utile pour planifier des sorties scolaires par exemple. Je n'ai pas trouvé de code pour intégrer une telle carte. Plusieurs services offrent des widgets à intégrer comme ces exemples des services de données d'Environnement Canada et de YoWindow, les deux disponibles en français.


mercredi 4 juin 2014

Un p'tit méthylphénidate avant le test?

Selon un sondage auprès d'étudiants d'universités américaines de la « Ivy League », 18% aurait utilisé des stimulants d'ordonnance pour des buts de performances académiques, sans en avoir de prescription. Ces « drogues intelligentes » seraient utilisées de manière illicites par plus d'un millions d'étudiants aux États-Unis. Les plus populaires de ces drogues sont la méthylphénidate servant à traiter le TDAH et le modafinil développé pour traiter les troubles du sommeil.
photo par FtWashGuy sous CC BY-SA 3.0

En faisant un peu de recherche, on s'aperçoit que le problème n'est pas récent, mais il soulève encore des questions : 
  • Est-ce que cette pratique se retrouve aussi chez des élèves plus jeunes / dans mon école? 
  • Si on tente de bannir les stimulants dans les sports, doit-on faire de même dans les écoles / les élèves devraient-ils se soumettre à des tests d'urine ou sanguins avant les examens ou de manière aléatoire pendant leurs études? 
  • L'utilisation de ces substances provoque quels effets à long terme sur le cerveau des élèves de différents âges?


vendredi 30 mai 2014

« Pourquoi on apprend ça? »

Avez-vous déjà entendu cette question dans votre classe? J'ai souvent entendu cette question lorsqu'un élève  se frustrait devant ses difficultés, surtout en mathématiques au secondaire. Évidemment, ces étudiants comparent le contenu qui les rebute avec leur expérience de vie quotidienne et, à partir de ce test, constatent que les apprentissages proposés par les programmes d'études ont peu d'utilité directe pour eux.

J'ai débattu souvent, mais aussi tout récemment, de cette question avec des collègues et la récente discussion a provoqué de vives réactions. Je suggérais qu'on pourrait poser la question « à quoi ça sert » pour tous les cours au secondaire. Par exemple, les mathématiques, surtout avancées, sont manifestement inutiles à la vie de tous les jours. Personnellement, je ne fais jamais usage de la fonction logarithmique au quotidien. On pourrait évalué ainsi  chacun des cours du secondaire et démontrer que, bien qu'ils peuvent s'avérer utiles dans certaines situations, ils ne sont pas essentiels au quotidien : les apprentissages qui précédent le secondaire (M à 8e année) sont suffisants pour lire les journaux, payer ses impôts, se marier, avoir des enfants, bref, vaquer à ses occupations. C'était tout au moins la position que j'avais choisi d'adopté et qui, il va sans dire, n'était pas partagée par tous.

Je persiste à penser qu'à un moment ou à un autre, les enseignants de différentes matières du secondaire ont été confrontés à cette question par leurs élèves. Avec le temps, ils ont développé des réponses toutes prêtes auxquelles ils ont recours. Parmi celles-ci, on retrouve de manière générale

  • « vous ne savez pas encore ce que vous aurez besoin dans le futur »; 
  • « c'est un cours obligatoire, ce n'est pas moi qui décide du contenu, mais vous devez obtenir ce crédit de toute manière »; 
  • « c'est un cours facultatif, c'est toi qui as choisi d'être dans ce cours ».
On retrouve aussi d'autres arguments plus intéressants au niveau des compétences et habiletés, mais qui dépassent souvent les élèves, comme

  • « [sujet du cours] est un exercice mental qui développe ton cerveau comme l'exercice physique développe tes muscles »; 
  • « dans ce cours tu développes ton esprit critique, ce qui te permet de mieux comprendre ce qui se passe dans le monde »;
  • « [sujet du cours] permet de mieux te connaître, de développer tes habiletés intellectuels, sociales, physiques, etc. ». 

Qu'est-ce qui est le plus important? Le contenu des cours ou les compétences qui permettent d'appréhender le contenu? Avec quels apprentissages veut-on que les élèves ressortent? Le contenu (les connaissances, les faits...) est important parce qu'il permet de développer une culture dans le domaine étudié ainsi que l'apprentissage de compétences qui pourrait difficilement se faire dans le vide; le contenu correspond à des briques et les compétences (habiletés, compétences, stratégies, etc.) sont le mortier qui lie les briques. L'un a besoin de l'autre.

Si l'école veut développer des penseurs, des créateurs, des citoyens, les élèves doivent en ressortir avec un bagage de compétences qui leur permettra de continuer à apprendre et développer leur bagage de connaissances.

vendredi 16 mai 2014

Qu'écrivent-ils?

Les jeunes écrivent. Mais ils écrivent quoi et comment? Les énormes moyens de communication dont ils disposent favorisent l'écriture d'un nouveau genre : textos, blogues, micro-blogues, médias sociaux, groupes de discussion. Doit-on s'inquiéter ou se réjouir des nouvelles formes d'expression auxquelles se prêtent les jeunes? Certains parlent d'innovation, de créativité, d'inventivité alors que d'autres y voient une perversion des règles langagières, de l'orthographe, de la grammaire.

En Belgique, une étude publiée en 2013 s'est penchée sur cette question. Intitulée Pratiques et représentations juvéniles de l’écriture à l’ère d’internet, elle brosse un portrait des pratiques d'écriture d'adolescents belges. On y apprend que plus de la moitié des garçons et 90% des filles écrivent de la correspondance et que 4 adolescents sur 10 écrivent des histoires, dans un contexte scolaire, mais parfois dans d'autres contextes.

L'étude se limite à l'étude d'adolescents fréquentant une seule école, dont la clientèle de 700 élèves est considérée se situer dans la moyenne socio-économique en Wallonie-Bruxelles. Est-ce que cette école est représentative des adolescents en général? Probablement pas. Toutefois, l'étude traite de sujets et soulève des questions pouvant guider une réflexion sur les liens entre les pratiques d'écriture des jeunes et la qualité de cette écriture.

Que l'on soit alarmé ou non face aux nouvelles pratiques d'écriture des jeunes, il est clair que ceux-ci n'écrivent pas moins que leurs ainés. Ils possèdent, en fait, une grande expérience de l'écriture authentique, qui dépasse, dans certains cas, celle de leurs enseignants. Doit-on incorporer ces nouvelles pratiques dans les programmes d'études ou dans les activités pédagogiques? Doit-on encadrer ces formes d'écritures, les étudier en classe, leur attacher une structure grammaticale?

Entre temps, si vous ne comprenez pas toujours ce qu'ils écrivent, voici un traducteur de textos SMS vers le français : http://www.traducteur-sms.com/. Ce n'est pas la première fois que les adolescents sont incompris des adultes, mais c'est rassurant de savoir que maintenant, des outils de traduction ados-adultes facilitent cette compréhension! Alors, pas de soucis, soyez alz ! )

jeudi 15 mai 2014

Notre réaction à la cyberintimidation est-elle démesurée?

C'est la question qui a poussé Dan Olweus, un chercheur de l'Université de Bergen en Norvège, à étudier de manière empirique le phénomène de la cyberintimidation. Selon l'étude publiée en 2012 dans le European Journal of Developmental Psychology, il s'agirait d'un phénomène peu fréquent, en contraste avec la couverture médiatique dont il fait l'objet.

L'enquête d'Olweus nous apprend entre autre que l'intimidation verbale de trois à quatre fois plus fréquente aux États-Unis de 2007 à 2010 que la cyberintimidation. Par exemple, en 2010, 17,2 % des étudiants a rapporté avoir été victime de cyberintimidation verbale contre 5% ayant rapporté avoir été cyberintimidé.

L'auteur note également qu'il n'y a pas eu d'augmentation significative constante de la cyberintimidation au cours des quatre années, contrairement à ce qui serait imaginé par les médias.

Olweus émet également des mises en garde face à l'image distordue offerte par les médias. D'abord, elle entraîne sans doute une grande quantité de stress inutile et de tension parmi les parents, les enseignants et les étudiants. Ensuite, cette mauvaise représentation de la réalité pourrait détourner les efforts contre l'intimidation vers un problème moins important que l'intimidation traditionnelle. Ce n'est pas qu'on doit ignorer la cyberintimidation, mais on doit lutter contre l'intimidation d'abord, dont la cyberintimidation n'est qu'une partie.

Référence
Olweus, D. (2012). Cyberbullying: An Overrated Phenomenon? European Journal of Developmental Psychology, 9(5), 520–538.

mercredi 14 mai 2014

Intimider serait bon pour la santé

Une recherche conduite par William E. Copeland, Ph. D. de l'Université Duke, en collaboration avec l'Université de Warwick, l'Université de la Caroline du Nord de Chapel Hill et de l'Université Emory a mesuré les quantités de protéines C-réactive (CRP) dans le sang de 1 420 sujets suivis pendant plus de 20 ans. La CRP est un facteur de risque pour des problèmes de santé, incluant pour des maladies cardiovasculaires.
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L'étude révèle qu'en plus de facteurs de stress, comme la mauvaise alimentation, le manque de sommeil et l'infection, les niveaux de CRP seraient aussi affectés par des facteurs psychosociaux, dont l'exposition à l'intimidation. Trois groupes de participants ont été analysés : Les victimes d'intimidation, les coupables d'intimidation et ceux qui ont été intimidés et intimidants.

La conclusion de l'étude : Plus les personnes ont été intimidés, plus les niveaux de CRP dans leur sang sont élevés. Les personnes qui ont été à la fois des intimidateurs et des intimidés ont des niveaux de CRP similaires à la population qui n'a pas été exposée à l'intimidation. Finalement, les intimidateurs ont des niveaux de CRP les plus bas, inférieurs à la population non exposée. Ainsi, choisir d'améliorer son statut social en ayant recours à l'intimidation semble offrir une protection contre l'élévation du marqueur CRP.

Faut-il encourager nos élèves à devenir des intimidateurs?

Pour lire l'article complet.

mercredi 23 avril 2014

Qu'est-ce qui cloche avec l'éducation? Recette du gourou

Dans ma carrière d'éducateur, il m'a été donné d'assister à plusieurs conférences, de lire plusieurs articles et livres de « gourous » de l'éducation. J'ai remarqué que dans la plupart des cas (sinon tous), ces leaders observent à peu près la même recette dans leur cheminement. Voici cette recette :
  1. Le système d'éducation est problématique, 
    1. il ne fournit pas les résultats escomptés pour les sommes importantes investies
    2. il ne produit pas des élèves adaptés aux besoins de la société dans laquelle ils vivent
    3. il ne suit pas les progrès technologiques, il est arriéré, il est modelé sur l'époque de la révolution industrielle, il n'a pas fondamentalement évolué depuis des siècles...
    4. bref, il est mauvais!
  2. J'ai identifié, à travers de savantes études et grâce à toutes les lettres qui suivent mon nom, LE problème.
  3. J'ai trouvé la solution, que j'expose dans
    1. mon livre
    2. mes conférences
    3. mon camp
    4. mon site Internet
  4. Pour des frais modiques, je peux transformer
    1. vos enseignants
    2. vos élèves
    3. votre administration
    4. votre école
  5. S'en passer, c'est 
    1. condamner les élèves à une vie misérable
    2. irresponsable
    3. oublier notre vocation d'éducateur
  6. Si ça ne marche pas, c'est parce que
    1. vous n'avez pas bien appliqué la méthode
    2. les nouvelles recherches que j'ai faites ont identifié UN nouveau problème dont j'ai la solution...
    3. la démarche exige un approfondissement qui est disponible dans 
      1. le tome 2 de mon livre
      2. une nouvelle série de conférences
      3. le niveau suivant du camp
      4. la partie payante du site Internet
Cynique? bien entendu! Les gourous de l'éducation sont, je le pense, bien intentionnés. Il reste qu'ils font de ces bonnes intentions, une carrière lucrative.

Pour les personnes qui font carrière dans la recherche, il y a tout intérêt à démontrer qu’il y a quelque chose qui cloche avec le système. Je ne suggère pas qu’il n’y ait rien qui cloche (je suis de ceux qui ne croient pas au système parfait). Mais je constate que s’il existe un mouvement perpétuel, c’est celui des remises en question du système éducatif, suivie d’implantations de solutions qui seront à leurs tours remises en question.

C’est une vache à lait inépuisable pour les chercheurs. Ce qui n'est pas inépuisable par contre, c'est l'éducateur qui doit constamment réajuster ses méthodes. Évidemment, il peut choisir de se fermer les yeux et les oreilles et de refuser d'appliquer les solutions aux problèmes qui ne lui apparaissent pas, ou qu'il préfère ne pas voir : « j'ai toujours fait comme ça et ç'a toujours marché, pourquoi je changerais? » Le confort est l'ennemi de l'innovation.

En résumé, si vous cherchez à devenir gourou de l'éducation, vous savez maintenant comment procéder : ajoutez des lettres à la suite de votre nom, identifier un problème (il y a du choix, et si vous n'en voyez pas, imaginez-le), trouvez une solution, faites une recherche qui montre que votre problème existe et que votre solution fonctionne (c'est la partie facile, il suffit de mesurer ce qu'on veut mesurer), exposez vos résultats dans un livre, un article, un site Internet, etc. et prêchez la bonne nouvelle!

Et puis, si vous êtes éducateur et que vous vous sentez confortable dans ce que vous faites, vous pouvez toujours réfuter la « bonne nouvelle » des gourous en invoquant que vous avez une pensée critique... N'est-ce pas déjà là une compétence qu'il faut promouvoir auprès des élèves? Enfin, selon la plupart des gourous!